Chapitre XII : Kloe, Noble Apprentie

Suite à la destruction d’Oleg, ce 5 juillet, Kloe et son Maître continuèrent leur chemin. Elle avait pensé que son Maître aurait voulu rentrer à la cabane mais non, il n’en fut rien. Il préféra continuer son chemin sans même retourner à la grotte pour dormir. Ils dormirent à la belle étoile, sous un dôme protecteur que Latronis avait créé. Elle sentait bien que quelque chose n’allait pas et qu’Oleg avait ravivé de vieux souvenirs que son Maître aurait préféré garder enfouis en lui. Elle lui sentait le cœur lourd et empli de tristesse. Son cœur pleurait et elle ignorait pourquoi. Elle avait envie de lui demander la raison de son désarroi. Elle savait qu’un magicien soucieux perdait de sa puissance. Or son Maître n’étant pas en entière possession de ses pouvoirs, il ne pouvait pas se permettre d’en perdre encore.

Le lendemain matin, elle se réveilla à l’aube et sans besoin de son Maître. Son estomac réclamait. Elle prit un bout de pain et de l’eau puis regarda son Maître. Celui-ci sentit qu’elle le sondait. Il posa son regard sur elle. Et s’il lui parlait ? Comment voulait-il qu’elle lui fasse entièrement confiance et se confie à lui si lui-même ne lui faisait pas pleinement confiance ? Il était son Maître. Kloe étant son Apprentie elle devait se taire sur tous les propos qu’ils abordaient.

« Si tu veux parler, parles je t’en prie.

- Maître, je me demande juste ce qui vous tracasse. Je sais qu’un magicien soucieux perd de sa puissance…

- Cesse donc de te faire du souci pour moi.

- Ne voulez- vous pas…

- T’en parler ? Ce n’est pas par manque de confiance en toi que je ne t’en parle pas. J’ai juste peur. Peur que cela soit trop lourd à porter pour toi.

- Vous pouvez me parler de tout Maître, je saurais tenir ma langue. Cette nuit encore, j’ai rêvé d’une jeune fille qui se faisait tuer dans un bois par un homme vêtu d’une tunique et dont la tête était recouverte d’un capuchon. Je faisais ce rêve souvent puis il s’était estompé. Et voilà que maintenant il resurgit. Ce cauchemar Maître…que représente-t-il ? Je ne sais pas qui est cette jeune fille, ni où est ce bois, ni même qui est cet homme ! Je ne comprends pas ce qu’ils me veulent ! Pourquoi s’attaquent-ils à moi ? »

Elle avait remarqué un changement chez son Maître à l’évocation de son rêve. Il était devenu craintif, comme s’il avait peur de ce cauchemar lui aussi. Que se passait-il donc dans la tête de ce sorcier banni ? Pourquoi réagissait-il ainsi ? Latronis ne répondit rien pendant un long moment, préférant garder le silence et la tête basse. Ses yeux s’emplirent de larmes mais elles ne coulèrent pas. Kloe regarda son Maître en silence, ne sachant que dire face à tant de détresse. Elle aurait dû se taire. Tout ce qu’elle voulait, c’était lui prouver qu’elle lui faisait confiance désormais et qu’il pouvait en faire de même. Mauvaise tactique apparemment.

Elle s’apprêtait à s’excuser d’avoir parlé quand, à son grand étonnement, son Maître releva les yeux vers elle. Il ne larmoyait plus. Il était redevenu dur. Etrangement dur. Il s’adressa à elle sur un ton virulent, presque violent même.

« Ils ne s’attaquent pas à toi Apprentie…Ils veulent te faire passer un message que tu n’arrives pas à comprendre. Tant que tu n’auras pas saisi le contenu de ce message et son importance pour ta quête, il te hantera et ses personnages te tracasseront.

- Mais Maître…je ne sais pas qui ils sont !!

- Très bien. Je ne voulais pas aborder le sujet. Pas tout de suite du moins. Mais puisque tu m’y pousses. Autant tout te raconter maintenant…

- Maître, si vous ne voulez pas m’en parler…

- Je te demanderais au moins de ne pas m’interrompre Apprentie !!

- Je vous prie de bien vouloir m’excuser Maître, s’excusa Kloe, baissant les yeux

- A l’époque où je n’étais pas encore banni et bien plus jeune, j’avais une Apprentie. Une jeune fille qui s’appelait Kassandra et te ressemblait beaucoup. Elle était jolie et très douée. Nous discutions beaucoup et je tenais particulièrement à elle. C’était un peu ma fille. A vrai dire, c’était ma première Apprentie et tout comme avec toi, nos débuts avaient été difficiles. Elle avait un caractère bien à elle et me disait ce qu’elle pensait franchement. Je décidai d’adopter la même attitude avec elle qu’elle avait avec moi et lui racontai une partie de ma vie. Je lui appris que Chadi, mon Maître, avait péri aux mains d’Oleg et que je voulais à tout prix me venger de son assassinat. Maître Chadi m’avait tout appris et avait même fini par m’adopter tellement il m’aimait. Seulement, dans un affrontement horrible auquel j’ai assisté sans pouvoir le défendre étant beaucoup trop jeune, je l’ai vu périr. Et j’ai entendu le rire et les sarcasmes de ce démon pendant que mon Maître agonisait. Ce jour-là, je me suis promis de le venger, quoiqu’il m’en coûte. Kassandra me comprit et me dit qu’elle aurait réagi de la même manière que moi s’il m’arrivait la même chose. Cela me toucha profondément. Je n’aurais jamais imaginé que la promesse que je m’étais faite pourrait lui être fatale

- Fatale… ?

- Nous discutâmes encore un long moment tous les deux. Elle me parlait de sa famille, de ses origines. Je souris à l’évocation de ses proches qui tenaient à elle. Elle aussi, elle était à la recherche de la dague et c’est d’ailleurs la dernière à l’avoir retrouvé. Son Grimoire était plein de petites anecdotes qu’elle avait rédigées pour celle qui la suivrait. Son Grimoire, c’est toi qui en as hérité et c’est pour ça que tu rêves d’elle. Parce que la fille dont tu rêves est Kassandra, je l’ai compris dès que tu m’as expliqué ton cauchemar. Je souriais de la voir tant attachée à son Grimoire. C’est en trouvant la dague que le désastre arriva. Elle la trouva dans la grotte que nous avons dépassée. Il était planté dans la roche. Seul son manche dépassait. Elle a usé d’un sortilège de son cru, en utilisant bougies, encens et formules, pour sortir la dague du mur. Je l’en félicitai grandement quand il est arrivé. Oui Apprentie. Oleg a toujours été à la recherche de la dague. Il sentait ses pouvoirs mais ne parvenait pas à la localiser. C’est pour cela que ses anciens détenteurs l’avaient plantée dans la roche, pour dissimuler son empla-cement. En la sortant de sa protection, Kassandra avait permis à Oleg de la repérer et il s’était empressé d’arriver. A sa vue, je devins fou. J’avais retrouvé l’assassin de mon Maître. Kassandra l’avait retrouvé pour moi. Il était devant moi et je n’avais qu’à le tuer pour accomplir ma vengeance. Je me suis précipité sur lui et nous avons livré une bataille imposante. Seulement, j’avais négligé la surveillance de Kassandra. Je la savais suffisamment sage pour ne pas intervenir dans mon combat au péril de sa vie mais je n’aurais jamais pu imaginer que l’horreur de ce démon irait jusqu’à emprisonner mon Apprentie en même temps que nous combattions. Aussi, lorsque j’étais sur le point de l’achever, il me demanda de me retourner et je constatai avec effroi l’emprisonnement de mon Apprentie. J’en bouillonnais de rage mais je savais qu’il la tuerait si je faisais le moindre signe dangereux envers lui. Je lui demandai de la relâcher. Il refusa. Je me souviendrais toujours des paroles qu’il a prononcées à ce moment là. Son sarcasme et la relation qu’il fit avec mon Maître m’horrifia. « Tu ne me tueras pas mais je vais te détruire. Tu vas voir ta défaite en face. Tu vas voir mourir ton Apprentie sous tes yeux sans rien pouvoir faire comme tu as déjà été témoin du meurtre de ton Maître. Dis lui adieu Latronis ! ». J’eus à peine le temps d’hurler un non effrayé que Kassandra s’effondra sous mes yeux impuissants. Quand je me retournai pour détruire ce monstre, il avait disparu et je me retrouvai seul face à mon désespoir grandissant. J’avais perdu aux mains d’Oleg les deux personnes les plus importantes pour moi. Mon Maître et mon Apprentie. Et ce sans pouvoir rien faire. Je me jurai de ne jamais laisser se reproduire pareille imprudence envers un Apprenti. Mais je n’eus pas le temps de le faire. En effet, à peine Oleg avait-il disparu que ton défunt Maître m’apparaissait. Edris me fit une leçon de morale et me dit que j’aurais dû être plus prudent. Que j’avais enfreint la loi qui nous régissait tous et que je méritai sanction. J’étais d’accord avec lui sur ce point mais je ne pensais pas qu’il allait me bannir. Quand il m’a annoncé cela, je l’ai haï de ne pas m’avoir laissé une chance de me racheter. Puis j’ai été envoyé au royaume des bannis, duquel je me suis enfui. Kassandra est morte à l’entrée de la grotte. refuse catégoriquement qu’Oleg touche à un seul de tes atomes. C’est pour cela que j’étais si en colère quand tu t’es avancé dans le combat, je ne voulais pas te perdre Apprentie ! »

Kloe ne sut que répondre face à tant de franchise de la part de son Maître. Il lui avait tout raconté et ce sans que son Apprentie ne puisse réagir. Elle avait écouté son histoire attentivement et comprenait parfaitement sa colère, sa fureur contre Oleg. Elle s’en voulut d’avoir agi dans le combat. Elle aurait pu y périr et rouvrir les plaies déjà béantes de son Maître. Elle leva les yeux vers son Maître. Ceux de Latronis étaient larmoyants et il tourna la tête. Elle vit une larme tombée de la joue de son Maître. Jamais Maître Edris n’aurait été aussi franc avec elle. Jamais il ne se serait permis d’être aussi humain en pleurant ainsi devant elle, simple Apprentie.

Elle ouvrit la bouche, puis la referma. Elle se rapprocha de son Maître et tenta de lui sourire mais ce qu’elle produisit ressemblait plus à un rictus qu’à un véritable sourire. Elle rouvrit la bouche et cette fois parvint à articuler quelques mots, à voix faible.

« Je suis désolée de vous avoir fait tant peur et rappelé tant de souvenirs Maître. J’espère que vous m’en excuserez un jour Maître.

- Tu es toute pardonnée Apprentie, tu faisais ça dans l’idée d’un noble sen-timent et je ne peux que t’en être reconnaissant d’avoir achevé Oleg. De cette manière, tu t’es rendue encore plus importante à mes yeux que tu ne l’étais déjà puisque tu as achevé le démon de ma vie. Cependant je dois avouer que j’ai un pincement au cœur en repensant que ce n’est pas moi qui ai accompli la ven-geance que je devais mais mon Apprentie et ce parce que j’étais dans une situation un peu délicate. Merci Apprentie.

- Non Maître, ce n’est pas à vous de me remercier mais bien l’inverse. C’est à moi de vous dire merci. Oui, merci de m’avoir fait confiance. Merci de m’avoir tout raconté aussi librement. Jamais mon ancien Maître n’aurait agi ainsi. Je vous suis éternellement reconnaissante de la confiance que vous m’avez apportée en me racontant ce qui vous tracassait.

- Tout est parti de ton rêve. Tu m’étais destinée. Sans t’en rendre compte tu as scellé le pacte que j’avais fais avec Maître Edris. Je savais que je redeviendrais Maître de toi à sa mort. Ce rêve raconte la mort de mon Apprentie sauf qu’il n’est pas replacé dans son contexte. En effet, ton cerveau a rendu la scène de meurtre directement devant tes yeux alors qu’elle ne s’est pas produite exactement comme tu me l’as décrite. Mais ton rêve prend de l’importance quand on sait que tu as tué l’assassin de la fille dont tu rêvais. Tu es devenue ainsi une Noble Apprentie puisque tu as accompli une vengeance de ton Maître. De plus, tu as su résoudre ton rêve par tes actes. Cela te donne ce titre. Ce grade te permet d’agir dans un combat que mène ton Maître. Je suis obligée de t’octroyer ce droit même si je préfèrerais que tu n’en fasses pas usage.

- Maître, je vous remercie de me grader de la sorte et je vous promets que je n’interviendrais qu’avec votre consentement et juste lorsque votre vie sera en péril.

- Merci Apprentie. Il va de soi que tu es toujours sous l’autorité d’un Maître, en l’occurrence moi, qui a le droit de te punir et qui t’enseignes la Magie. N’oublie jamais ça. C’est ton Maître qui te donne des leçons et non l’inverse.

- Oui Maître.

- Bien maintenant, si nous repartions à la recherche de la dague ? Je suppose qu’Oleg n’avait plus la dague sinon il ne serait certainement pas encore attaqué à moi. Enfin à nous. Il a donc dû la perdre. Cependant, dans quel clan ça je l’ignore.

- Comment ça dans quel clan ?

- Donne moi ton Grimoire s’il te plait Apprentie »

Kloe le lui confia et l’écouta. Elle pensait qu’il n’existait que deux clans. Celui du bien et celui du mal. Elle fut surprise d’apprendre qu’il existait en fait différentes « tribus » plus ou moins grandes et qui défendaient différents concepts. Ainsi leur concept à eux, les Wiccans, était basé sur la Wicca. Il existait cependant beaucoup de peuples différents. Les Wiccans étaient les plus nombreux. Les défendeurs du mal les plus nombreux se faisaient appeler les Malificus. La racine de ce mot était latine et signifiait les Mauvais. Eux même se nommaient ainsi. Ils agissaient sur ordre d’un mage noir très puissant dont l’existence reste une légende. Son Maître lui expliqua l’origine des plus anciens clans et ils repartirent.

Le chemin se fit aride et le temps sec et lourd. Ils n’allaient pas tarder à man-quer d’eau.

Kloe repensant sans cesse à ses parents et à Edric. Ce-dernier lui manquait terriblement. Qu’adviendrait-il si elle venait à périr ? Cette pensée la fit frissonner.

Pour moins se fatiguer et repérer plus vite la dague, Latronis se fit oiseau et se posa sur l’épaule de la jeune fille. Il n’y avait personne alentour, pas une maison, pas un être humain, pas même un démon. Personne, rien. Kloe se sentait perdue. Elle jeta un coup d’œil à son Maître qui lui fit un clin d’œil. Une certaine complicité s’était créée entre le Maître et l’Apprentie. En fin d’après midi, ils arrivèrent près d’un lac cristallin. Ils y remplirent la gourde et s’y lavèrent, gênés. Par le temps extérieur, de l’eau fraiche faisait du bien. Ils trouvèrent des baies comestibles dans des buissons et en cueillirent. Elles étaient délicieuses. Après avoir récupérer des forces, ils reprirent leur marche. De nouveau ils dormirent à même le sol et le lendemain matin, ils arrivèrent à un village. Latronis était sous sa forme de volatile. Dans ce petit village, une population pauvre les accueillit à bras ouvert. Ils furent invités dans une petite maisonnette de bois sec et y déjeunèrent à leur faim. Après quoi, la jeune fille leur demanda s’ils avaient connaissance de la dague. Tout le monde se tut. Tout le monde sauf le garçon de la famille. C’était un jeune homme qui devait avoir dans les dix-sept ans. Grand, bien bâti, les cheveux de jais, les yeux bruns étincelants avec des mains de bûcheron. C’était un homme qui travaillait sans doute déjà. Il regarda Kloe froidement, comme si elle avait posé une mauvaise question, sur un sujet tabou. Cependant, elle soutint son regard et il finit par répondre.

« Tout le monde connaît la dague que tu viens d’évoquer mais personne n’en parle. Ne me demande pas pourquoi. Cette dague est un mauvais présage pour nous tous et il faudrait la détruire.

- La détruire ? Mais pourquoi ! Bien utilisée cette dague peut être très utile !!

- Mais entre de mauvaises mains, elle est destructrice. Nous ne savons pas où elle est. Et nous ne voulons pas savoir. Tout ce que nous voulons entendre c’est qu’elle est détruite. Si vous la trouvez, détruisez la, ce sera mieux pour nous tous.

- Mais comment la détruire ?

- Demande à ton oiseau. Je ressens en lui un potentiel énorme de Magie, c’est un mage n’est-ce pas ?

- Oui.

A cet instant, Latronis se retransforma en sorcier, sous les yeux ébahis de la famille d’accueil. Seul le jeune homme ne semblait pas étonné.

- Comment m’as-tu ressenti ?

- Cela fait plusieurs années déjà que je ressens les forces magiques.

- Quelqu’un t’enseigne-t-il la Magie ?

- Je n’en ai pas besoin. Je me débrouille très bien tout seul. Je n’ai besoin de personne. Seule ma famille a besoin de moi. Je ne peux pas m’en aller.

- Je voudrais te prendre sous mon aile jeune homme. Tu as une grande puissance magique, je le sens. La jeune fille que tu vois là est mon Apprentie, elle suit mon enseignement pour à son tour perpétuer l’art noble de la Magie. Pourquoi pas toi ? Tu as l’âge de partir de la maison et je m’en voudrais de n’avoir pas pu me servir de cette magie que tu possèdes pour retrouver la dague qui pourra tous nous sauver.

- Jamais cette dague ne pourra sauver qui que ce soit. Cette dague est une tragédie pour nous tous.

- Quel précepte pratiquez-vous ?

- Celui de la non-violence.

- Ecoute, intervint Kloe, je suis destinée à retrouver cette dague et j’ai bien l’intention de le faire. Je ne connais ni ton nom ni ton âge mais tu me semble parfaitement apte à combattre pour une noble cause. Ce que nous feront de la dague, nous ne le savons pas encore, mais une chose est sure elle ne tombera pas en de mauvaises mains, je t’en fais la promesse. Je ne peux pas t’obliger à me croire, certes, mais je suis quelqu’un de parole. Pour être vraiment sincère avec toi, j’ai peur. Peur de ce qui peut arriver. J’ai quitté ma famille sans prévenir personne pour retrouver cette dague. Pourquoi ? Pour sauver tous ces gens que je ne connais pas mais qui ne méritent pas de mourir. Je veux bien périr pour sauver ces inconnus, y compris toi. Maintenant, il va falloir que tu te décides, parce que mon Maître allons repartir demain matin à la recherche de cette dague. Ce sera avec ou sans toi mais on le fera. »

Puis sous les yeux ébahis de son Maître et du jeune homme, Kloe sortit de la maison en claquant la porte. Elle avait interrompu son Maître mais c’était pour la bonne cause. Ce garçon l’énervait mais si Latronis voulait l’aider, c’est qu’il devait être puissant. Kloe était fatiguée d’être loin de sa famille et de celui qu’elle aimait mais elle avait une mission et elle ne parvenait pas à comprendre que lui ne veuille pas sacrifier quelques mois de sa vie à sauver sa famille.

Elle sortit son portable de sa poche. Il était en mauvais état, bien amoché par le combat. Cependant, elle parvint à l’allumer. Un message qui la calma l’attendait. C’était Edric. Elle lut le petit mot. Des larmes perlèrent et ses mains tremblèrent pour écrire une réponse. Elle attendit, anxieuse, de savoir si le message allait passer…Non. Pas de réseau. Le petit avertissement comme quoi le message avait été envoyé ne s’était pas affiché. Elle pleura.

Dans la maison, Latronis et le jeune homme se regardèrent un long moment, silencieux. Il devait être dans les trois heures de l’après midi. Le Maître ne savait même plus quel jour s’était. Alors, le garçon, au grand étonnement de tout le monde, répondit simplement « oui » puis il sortit. Il rejoignit la forme qu’il voyait au loin et qu’il soupçonnait être Kloe. Il s’approcha, doucement. L’Apprentie se retourna et le regarda avancer vers elle. Il s’assit sur le tronc d’arbre sur lequel elle était elle-même posée.

« Mon nom est Eufimios et j’ai 18 ans. Et toi, comment t’appelles-tu ?

- Kloe.

- Tu le connais depuis longtemps le gugusse chez moi ?

- Ce n’est pas un « gugusse » comme tu dis, mais mon Maître sorcier. Et non je ne le connais pas depuis longtemps et à vrai dire nos débuts ont été plutôt tumultueux puisque j’ai dû changer de Maître. Celui que j’avais avant Maître Latronis est décédé. Alors je souffrais beaucoup. Mais maintenant nous avons une grande complicité.

- Tu sais, ton discours de tout à l’heure m’a beaucoup fait réfléchir.

- Hum…

- Et j’ai décidé de vous accompagner…

Kloe jeta un regard dédaigneux sur le jeune Eufimios et haussa les épaules. Un vent froid commença à souffler, rafraichissant soudainement l’air.

- Ce n’est pas bon signe ce vent. Rentrons. »

Sur ces derniers mots de Kloe, les deux jeunes gens rentrèrent dans la mai-sonnette d’Eufimios. Le ciel était devenu soudainement gris et de la grêle tomba rageusement sur la terre rouge. Il plut torrentiellement jusqu’à tard dans la nuit et Kloe et Latronis durent rester une nuit chez leurs hôte. Ils se levèrent tôt le lendemain matin et partirent, à trois.

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