Chapitre XI : Une famille inquiète

6h30. Pauline se réveilla. Elle devait aller travailler. Elle se retourna dans les draps rouges, embrassa son mari – il était profondément endormi, sur le côté, recroquevillé sur lui-même et ne broncha pas quand les lèvres de sa femme l’effleurèrent - et se leva. Elle enfila ses pantoufles et descendit l’escalier, en essayant de ne pas le faire craquer, pour arriver dans la cuisine. Là, elle se prépara un café. Elle prit la boite de café moulu et en retira dix cuillérées qu’elle déposa dans la cafetière, après y avoir mis un filtre. Elle remplit le compartiment d’eau et appuya sur le bouton rouge. Un bruit régulier résonna alors dans la pièce, celui du café qui s’écoule. Puis, elle remonta l’escalier et se dirigea vers la chambre de Kloe. Comme elle n’avait pas entendu sonner son réveil, elle avait décidé de la réveiller. Elle ouvrit donc doucement la porte, un sourire aux lèvres. Elle aimait aller réveiller sa fille, bien que ce ne soit plus une enfant. La pièce était plongée dans l’obscurité et un calme apaisant régnait dans la chambre. Elle s’approcha à pas feutrés avant de s’arrêter net. Les larmes lui montèrent immédiatement aux yeux, lui brulant les pupilles. Elle se rapprocha jusqu’au lit et le toucha de ses doigts tremblants. Ses soupçons se confirmèrent. Il était froid ! Cela faisait donc déjà longtemps que sa petite fille était partie. Pour aller où ? Pour faire quoi ? Elle n’avait prévenu personne ! Sa mère prit peur. Apeurée, elle regarda tout autour d’elle, dans la chambre, à la recherche d’un indice, d’un mot, n’importe quoi qui eut pu aider Pauline à retrouver sa fille. Une foule d’idées toutes plus invraisemblables les unes que les autres lui montèrent à la tête en lui donnant un tournis assommant. Le fracas des questions résonnait dans sa tête, comme un assourdissant tambour, régulier mais horrifique. Oubliant que Maxim et Nico dormaient encore, elle se précipita dans sa chambre où son mari dormait encore, sans se douter de quoique ce soit. De grosses larmes roulaient sur ses joues creuses. Pauline courut jusqu’aux côtés de son mari qui n’avait pas changé de position et, d’une voix saccadée où les larmes plaçaient des trémolos, lui raconta que Kloe n’était pas son lit, qu’elle n’était pas en bas et que le lit était froid. Mickaël ouvrit d’abord un œil, bailla, puis l’autre, sans sembler saisir l’importance de l’information. Sa femme le prit par les épaules et le secoua un coup sec tout en lui répétant que sa fille avait disparu et il fut projeté dans la réalité. Il écarta aussitôt son épouse d’un revers de main brutal et, sans prendre le temps d’enfiler ses pantoufles, accourut jusqu’à la chambre de sa fille. On lisait dans les yeux de ce père une angoisse nouvelle. Ses pupilles brillaient d’un amour sans frontières. Et tandis que ses poings se fermaient de douleur, une unique larme parcourut toute la longueur de sa joue pour venir s’écraser contre le drap violet de Kloe. Peu à peu, leurs deux jeunes fils, réveillés par le brouhaha, sortirent dans le couloir, ensommeillés, pour voir ce qui s’y passait. Ils furent alors saisis par leur mère qui les étreignit à les en étouffer. Quelques secondes plus tard, leur père sortit de la chambre de Kloe, les yeux embués. Maxim et Nico se regardèrent un instant puis fixèrent leurs parents. L’incompréhension se lisait dans leurs yeux. Pauline prit la main de Maxim et Mickaël celle de Nico. Les deux garçons, comprenant que quelque chose de grave se passait, se laissèrent emporter jusqu’à la cuisine, guidés par leurs parents. Pauline était secouée par les sanglots et ses jambes cédèrent quand elle arriva dans la cuisine. Elle s’effondra sur une chaise. Ses mains étaient convulsionnées et son visage était tordu de douleur. Puis les trois hommes s’assirent. Le café avait fini de couler et refroidis-sait dans la cafetière. La cuisine était calme. Seuls les sanglots de la mère brisaient le blanc silence.

Tout était sortit sur la table : le lait, le sucre, le chocolat en poudre, les petites cuillères, les croissants. Mais personne n’y toucha. Soudain une petite voix fluette se fit entendre. C’était Nico. Il semblait inquiet.

« Maman, papa…y a un souci ?

- Maxim, Nico…est-ce que Kloe vous a parlé de…d’une envie de…de fugue récemment ? interrogea le père en fermant les yeux.

- Mais enfin Mickaël tu n’y penses pas ! intervint Pauline, des sanglots dans la voix.

- Que veux-tu que ce soit d’autre Pauline ? Kloe n’est pas dans son lit !

- Mais on l’a peut-être kidnappée !

- Enfin, réfléchis un peu. Qui aurait bien pu vouloir kidnapper notre petite Kloe ? Personne ne nous connaît, personne ne nous veut du mal ! Et avec ce qui se passe en ce moment… -il jeta un coup d’œil aux garçons et reprit - Alors les garçons, est-ce qu’elle vous a parlé de quelque chose ?

- Ca fait longtemps qu’elle ne nous a pas parlé papa. Elle passait tout son temps enfermée dans sa chambre. Plusieurs fois, j’ai eu l’impression qu’elle pleurait, répondit Nico

- Qu’elle pleurait ? Tu en es certain ? Et toi Maxim ? Tu es d’accord ?

- Oui, elle pleurait, confirma l’autre frère en hochant la tête de haut en bas.

- Est-ce qu’elle aurait eu un problème avec son copain ? Comme il s’appelle déjà ? Eric ? Emeric ?

- Edric, Mickaël, il s’appelait Edric...

- Ah oui voilà ! Je suis sûr que c’est à cause de cette histoire de magie dont elle nous avait parlé. Nous lui avions pourtant interdit !! vociféra-t-il. Je vais lui faire savoir ce que j’en pense moi, à ce satané sorcier de malheur !

- Mickaël calme-toi ! Ce n’est pas en t’énervant que ça va résoudre le problème ! Nico, Maxim, prenez votre petit déjeuner, vous allez être en retard à l’école. Votre père vous emmènera pendant que j’irais à la gendarmerie.

- Oui maman » répondirent les deux garçons en chœur, d’une voix pleine de tension.

Ils prirent donc un bol, y versèrent du lait, une cuillère de chocolat en poudre, un sucre et firent chauffer. Quand ce fut prêt, ils déjeunèrent sans un bruit, se lavèrent sans faire d’encombres, s’habillèrent seuls puis leur père les emmena à l’école. Toujours sans la moindre parole. Une lourdeur palpable avait envahi la maison familiale. Se retrouvant seule, Pauline éclata en sanglots de nouveau. Ses sanglots résonnèrent dans la maison vide. Comment allait-elle vivre sans sa petite fille ? Un souffle glacial emplit la pièce. La mère en frissonna. Puis, prenant son courage à deux mains, elle grimpa les escaliers et atteignit sa chambre. Ses genoux s’entrechoquaient toujours. Doucement, difficilement, elle se lava, s’habilla (elle enfila un jean usé et un tee-shirt noir) et attrapa le téléphone. Après avoir prévenu son travail qu’elle serait absente aujourd’hui, pour motif familial, elle redescendit, toujours aussi lentement, dans le hall. Elle mit ses chaussures, une veste sombre, prit ses clés et sortit, enfermant dans la maison les sanglots et la détresse.

Quand elle arriva au commissariat, elle demanda à parler à un adjudant. Le guichetier l’informa qu’il fallait une raison valable et très importante pour déranger un adjudant. Les trémolos dans la voix, Pauline laissa se déverser pêle-mêle tous ses sentiments. Installant un lourd silence dans la pièce, elle hurla au guichetier que sa fille était ce qu’elle avait de plus important et qu’elle n’hésiterait pas à mener la police en justice s’il le fallait. Deux policiers intervinrent et, lui saisissant les bras, firent asseoir Pauline. Ils lui tendirent un verre d’eau fraiche et lui demandèrent de s’expliquer.

Elle raconta, bouleversée, que ce matin, alors qu’elle s’apprêtait à aller réveil-ler sa fille, elle avait trouvé son lit nu et froid. Elle se rendit compte d’ailleurs qu’il faisait plutôt froid dans la pièce. Le policier ne tint pas compte de ce détail mais il sembla important à la mère, qui le mentionna plusieurs fois. Tout naturellement, l’homme pensa à une fugue mais la mère argumenta si solidement son antithèse qu’il fut contraint d’abandonner cette idée.

Elle passa toute l’après-midi au commissariat à tenter de comprendre le mys-tère de la disparition de sa fille avec le policier. Quand finalement elle réussit à lui faire accepter le fait qu’elle ait pu être enlevée, elle retourna chez elle où son mari l’attendait, inquiet. Elle se défit de sa veste, posa ses clés sur le petit guéridon à l’entrée et s’installa sur le canapé, près de son mari. Il y eut de nouveau un silence. Puis elle commença à lui raconter tout ce dont elle avait parlé avec l’agent de police. Lui aussi avait pensé à une fugue. Ensemble, ils avaient établi un portrait de Kloe et lançait un avis de recherche. Mickaël et Pauline se promirent de la retrouver. Nouveau silence pesant.

Puis, soudainement, dans un éclair éblouissant, un homme surgit de nulle part. Aucun des deux parents n’eut la force morale de sursauter. Ils regardèrent le personnage s’avancer sans même se demander de qui il pouvait s’agir. L’homme les regarda à son tour. Il ne semblait pas solide. Mais son visage rappelait vaguement quelque chose au père de famille. Incapable de prendre la parole, ce fut Maître Edris qui commença la conversation.

« Je me présente. Je m’appelle Edris. Je me fais appeler Maître parce que, jadis, j’enseignais l’art noble qu’est la Magie. Votre fille, l’Apprentie Kloe, fut l’un de mes Apprentis avant que je ne décède, il y a peu de temps, de vieillesse. C’est une jeune fille qui possède des qualités exceptionnelles. Tant moralement qu’intellectuellement. Et, je ne vous le cache pas, j’ai peur pour elle. Elle est téméraire. Peut-être d’ailleurs un peu trop. Elle se trouve actuellement dans une forêt, à quelques kilomètres de là. Je ne vous dirais pas laquelle parce que vous n’avez pas à aller la chercher. Elle a en sa compagnie un autre Maître Magicien. Je ne vous mentirais pas. C’est un renégat. Je l’avais banni de ce monde il y a de cela déjà quelques temps. Mais il est revenu et il a changé.

- Vous…vous avez laissé notre petite fille à un sorcier renégat qui risque de la tuer ?? demanda le père

- Il s’appelle Latronis. Je lui ai redonné ses pouvoirs pour qu’il puisse mieux protéger l’Apprentie Kloe. Il l’a déjà sauvé une fois. Elle l’a déjà sauvé une fois également. Bien que nos relations soient tendues, j’ai confiance en lui. Ils sont actuellement à la recherche d’une dague aux propriétés bienfaitrices mais qui peut se révéler très destructrice. Votre fille peut la récupérer. Mais ce sera périlleux et si elle vous revient, elle en reviendra changée.

- Comment ça, si elle en revient ?? Vous allez nous la ramener immédiatement vieux bougre !

- Mais j’ai confiance en elle et en Latronis. Ensemble ils pourront accomplir beaucoup de grandes choses. Ils ont les capacités de rentrer dans l’Histoire et de la modifier. Il ne me reste plus beaucoup de temps, je vais bientôt devoir retourner d’où je viens. Je suis juste venu vous prévenir. Votre fille n’a pas été enlevée. Rassurez-vous. Elle est partie de son plein gré, à la recherche de la dague, qu’elle a aperçue dans son Grimoire.

- C’est une manie chez vous de ne pas répondre aux questions ? s’énerva Mickaël

- La seule manie que je détecte, elle est chez vous. Nous autres Maître Magiciens avons pour coutume, lorsque nous parlons, de terminer ce que nous disons avant de répondre. Vous, vous posez toujours trop de questions. Vous intervenez dans une explication très importante au risque de perdre votre interlocuteur. C’est d’une idiotie que je n’ai jamais saisi. Maintenant que j’ai fini, oui, je vais vous répondre. Mais tâchez de ne pas m’interrompre cette fois-ci.

- Il était temps…

- Non Latronis n’a pas pour intention de tuer votre fille. Si c’était le cas, je n’aurais pas laissé l’Apprentie Kloe entre ses mains. Il a déjà perdue une Apprentie aux mains de nos ennemis et il ne la laissera pas mourir. Soyez-en certain. C’est un Maître impulsif avec qui j’ai quelques différends mais à qui j’ai confié l’Apprentie en qui j’ai le plus d’espoir. Il saura en prendre soin. Ensuite, ayez au moins la politesse de ne pas me traiter de vieux bougre. Je suis certes âgé, bien plus que vous, mais ne laissez pas votre colère vous mettre à dos l’un de vos alliés les plus précieux. Vous vous laissez dépasser par vos sentiments. Cela vous perdra. Sachez que je ne pourrais rien faire pour vous la ramener. Et même si je le pouvais je ne le ferais pas. C’est sa vie. Laissez Kloe vivre comme elle l’entend. Elle aime la Magie et elle lui fait confiance. Ayez confiance vous aussi. La Magie ne la trahira pas. Il me semble avoir répondu à toutes vos interrogations maintenant. Sur ce, je vous souhaite une bonne soirée. »

Sans faire plus de cérémonie, et dans la même lumière blanche qu’à son arri-vée, l’ancien Maître de Kloe disparut en fumée. Les deux parents se regardèrent un instant, sans savoir quoi dire pour se rassurer. Ils n’étaient même pas sûrs que ce qui venait d’être dit fût bien réel. Maître Edris avait été clair et prompt avec eux. Il n’avait pas cherché à leur cacher la vérité. C’était peut-être ce qu’ils auraient voulu. Mais il ne pouvait pas les laisser dans l’ignorance.

Pauline garda les yeux rivés sur l’endroit où se trouvait le vieil homme quelques instants plus tôt. Elle était incapable d’en décrocher le regard. Elle ne semblait pas vouloir pleurer. Mais elle n’était pas rassurée non plus. Elle pa-raissait être dans un état second, une sorte de léthargie. Amoureusement, Mickaël la prit dans ses bras et l’emporta contre lui, la berçant doucement. Ils restèrent ainsi de longues minutes. Puis ils entendirent la porte s’ouvrir doucement. Deux petites têtes apparurent et vinrent les rejoindre sur le canapé. Personne ne dit mot. Même les deux frères ne pipaient mot. Il régnait un calme presque apaisant.

Alors la mère se leva, doucement, s’écartant de l’étreinte affectueuse de son mari. Elle se leva et se dirigea vers la cuisine. Mécaniquement, elle sortit une casserole, du beurre et cinq filets de dinde. Elle les mit tous dans la poêle graissée. Pendant que la viande cuisait, elle sortit cinq assiettes, les couverts, les serviettes, vin et pain et garnit la table. Puis elle amena la poêle et la posa sur le dessous de plat. Les trois hommes s’installèrent à table et constatèrent avec effarement le cinquième couvert. Mais ils ne dirent rien, comprenant qu’il était important pour la mère de sentir la présence de sa fille. Elle servit la viande dans chaque assiette et retourna à la cuisine. Elle y fit sauter des pâtes qu’elle apporta également. Elle en remplit les assiettes et s’assit. La télé resta éteinte toute la soirée, laissant là le silence devenu oppressant pour la famille. Tout le monde mangea en silence. La mère était ailleurs. Elle fixait sans sourciller l’assiette de Kloe qui restait pleine. Elle mangeait doucement, sans en ressentir le moindre plaisir, la moindre satisfaction. Maxim et Nico commençaient à s’inquiéter que personne ne parle. Ils se regardèrent un long moment tous les deux puis allèrent déposer leur assiette vide dans l’évier. Ils s’apprêtaient à monter dans leur chambre respective quand Pauline leva enfin les yeux. Son regard avait changé. Il était devenu larmoyant, apitoyant, véritablement triste. Son visage était crispé par l’angoisse et elle affichait une horrible expression de détresse. D’une voix pâteuse, elle appela ses deux fils et les invita à se serrer contre sa poitrine. Ils se recroquevillèrent contre leur mère et ne restèrent pas impassibles à ses sanglots étouffés. Ils levèrent vers leur père un regard abattu. Mickaël se leva et retira doucement les deux garçons du poitrail de sa femme. Elle poussa un hurlement horrible et Maxim éclata en pleurs. Malgré les cris de la jeune femme qui lui intimait de ne pas lui enlever ses enfants, sa chair de sa chair, Mickaël emmena les deux jeunes garçons dans leur chambre et les coucha. Il passa plus d’une demi-heure à calmer le petit en pleurs. Il leur expliqua brièvement et simplement la situation, en dédramatisant, et parvint à les endormir. Il leur promit que leur sœur serait bientôt de retour. Il l’espérait tellement lui aussi.

Puis il redescendit et rejoignit sa femme. Elle s’était allongée sur le canapé et était recroquevillée en une boule difforme. Il se fraya une petite place et la regarda d’abord un moment. Il se sentait aussi désemparé qu’elle. Il n’osa pas pleurer devant elle, de peur d’accroître son angoisse. Il devait être courageux, montrer qu’il était là pour épauler la famille. Il voulait croire au retour de Kloe.

Doucement, il la releva en la prenant par les épaules. Elle se laissa faire comme un pantin de bois. Elle avait les yeux gonflés par les pleurs et le visage ruisselant. Alors, pour tout réconfort, Mickaël enlaça sa femme et l’étreignit de tout l’amour qu’il pouvait. En fermant les yeux, il espérait que Kloe allait bien, qu’elle n’était pas blessée. Qu’elle n’était pas morte. Pourquoi ce vieil homme avait-il laissé sa petite fille avec ce renégat alors qu’elle risquait sa vie loin d’eux ? N’avait-elle pas pensé à eux ? D’ailleurs, à quoi avait-elle pensé !! Il en venait à lui en vouloir. Son visage avait changé. Il était anxieux mais en même temps furieux. Comment avait-elle pu délaisser ainsi sa famille !!

« Mickaël…Qu’allons-nous devenir ? Ma Kloe…Ma petite fille !!

- Calme-toi Liline. Kloe est une jeune fille intelligente !! Il ne lui arrivera rien.

- Mais si elle ne revenait pas ! Tu te rends compte ! Qu’est-ce que de-viendrait notre famille sans ma petite chérie ?

- Elle reviendra ! Il faut être forte Pauline. Montre à tes fils que tu es là pour eux. S’ils te voient comme ça, ils n’iront pas bien eux non plus. Ils sont là, eux. Ne les détruis pas. Je sais que Kloe te manque, comme à nous tous. Tu es sa mère, c’est normal que tu te fasses du souci. Mais souviens-toi toujours de ce que son Maître a dit : « C’est sa vie. Laissez Kloe vivre comme elle l’entend. Elle aime la Magie et elle lui fait confiance. Ayez confiance vous aussi. La Magie ne la trahira pas.» Kloe a décidé de partir. Il faut la laisser faire. Je me fais du souci pour elle mais si elle a voulu nous laisser pour cette quête, c’est qu’elle s’en sentait le courage. Soit fière de ta fille, quoiqu’il puisse arriver.

- Mon dieu !! Mickaël !! Comment peux-tu dire ça ? Kloe est ta fille. Ta fille !! Tu ne peux pas la laisser à son destin ! Je t’en prie, fais quelque chose ! Ne la laisse pas mourir ! Par pitié Mickaël !!

- Je suis désolé Pauline. Je ne peux rien faire. Et tu le sais. Nous ne savons même pas où elle est ! »

Pauline se dégagea violemment des bras de son époux et courut se réfugier dans sa chambre dont elle ferma la porte à clé. Son mari ne chercha pas à l’y rejoindre, préférant la laisser prendre le recul nécessaire. Il aimait sa fille mais il ne pouvait comprendre pourquoi elle avait abandonné sa famille au profit de la Magie. Il ne comprendrait jamais.

Il était tard dans la soirée quand Mickaël décida d’appeler de la famille pour les mettre au courant. Il commença par son frère, Fred, l’oncle de Kloe. S’en suivit un long silence. Fred n’avait pas su comment réagir et Mickaël avait entendu les sanglots étouffés de sa femme. Il avait été clair, bref et précis. Pas un mot de superflus, pas une parole au-dessus de l’autre. Tel un robot peu sophistiqué qui annonce le plat du jour à ses maîtres. Il avait ensuite appelé la sœur de Pauline, Marjorie, et les grands-parents de Kloe. Quand il fut trop tard pour les coups de fils, il décida de laisser sa femme seule dans le lit conjugal et déplia le canapé-lit. Il se dévêtit lentement et ne garda sur lui que son boxer rouge. Puis il entra sous les draps chauds et plissés du lit peu confortable. Il s’endormit rapidement mais sa nuit fut agitée de cauchemars. Pauline, elle, avait pris 3 comprimés pour dormir. Elle s’était donc assoupie hâtivement et sans trop de difficultés. Sa nuit fut rythmée de pleurs et de rêves où apparaissait régulièrement sa fille. Lorsqu’elle se réveilla le lendemain matin, elle ne savait plus quel jour il était. Les heures passaient sans que personne ne puisse les compter. Nico et Maxim étaient en vacances, Pauline perdait ses manières avec ses clients et Mickaël semblait ailleurs au bureau. Ils décidèrent de prendre 2 jours de congé. Mais chacun de leur côté.

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