Chapitre VII : Un nouvel ami

Tandis que l’horloge de la maison des Oleodas sonnait 23h00, Kloe souleva la fenêtre de sa chambre, un pull et un jean sur elle, des baskets aux pieds et son sac sur le dos. Elle avait pris soin de faire son lit et d’éteindre sa lumière, afin de ne pas éveiller les soupçons trop rapidement. Lorsqu’elle fut sortie, elle sortit une lampe de poche et éclaira la rue sombre aux allures fantomatiques. Après une grande inspiration, elle fit quelques pas dans l’herbe grasse et arriva sur le dur goudron de la route. D’après ce qu’elle avait lu, la dernière trace qu’on avait eue de la dague remontait à l’orée du bois du village voisin. Il fallait qu’elle s’y rende. Elle connaissait bien le chemin pour aller jusqu’à cette forêt, pour y être allée souvent jouer étant petite ou lorsque son cœur, trop lourd de peine et de chagrin, avait besoin de solitude.

Elle avait pris soin auparavant de charger son portable et s’était jurée de ne s’en servir qu’en cas d’extrême urgence et de ne pas le laisser allumer trop longtemps pour ne pas décharger trop vite la batterie. En effet, elle ne savait pas quand elle aurait l’occasion de pouvoir le recharger ni même si elle en aurait l’occasion un jour…

C’était une nuit plutôt fraiche pour ce début juillet, et elle s’en réjouit car elle n’aimait déjà pas la marche, alors marcher sous une lune écrasante de chaleur. D’ailleurs, en levant les yeux au ciel, elle remarqua que c’était une nuit sans lune. Elle fixa le ciel d’un noir éblouissant et poussa un profond soupir. Cela ne présageait rien de bon, elle le savait. Ce 2 juillet n’était décidemment pas un bon jour.

Elle marcha ainsi pendant près de vingt minutes, dans la nuit solitaire et si-lencieuse, jusqu’à arriver à l’orée de la forêt. Elle s’arrêta devant la noirceur des troncs et l’épaisseur du sombre feuillage. La nuit paraissait plus effrayante et le moindre craquement de branche, dû à l’envol d’une quelconque chouette, effrayait la jeune Apprentie. Mais elle devait y aller, un quelque chose en fond d’elle lui intimait qu’elle n’avait pas le choix. Après une profonde inspiration, elle fit un pas sous les arbres taciturnes. Il n’y avait pas une brise d’air et Kloe avait l’impression d’étouffer. Fouillant dans ses poches, elle en sortit son baladeur MP3. Avisant un sourire discret, elle mit les écouteurs au creux de ses oreilles et l’alluma. Le son de Louise Attaque se dispersa en elle-même, l’apaisant. Ainsi elle oublierait peut-être plus facilement où elle se trouvait et surtout les risques qu’elle encourait.

Cependant, malgré l’attention que monopolisait la forêt, la jeune fille avait l’impression d’être suivie. Une impression étrange, désagréable. D’un geste vif, elle se retourna. Elle se heurta au noir de la nuit et un frisson lui parcourut l’échine. Ne pas s’inquiéter…elle ne devait pas s’inquiéter. Un bruit d’ailes retentit alors derrière elle. N’osant pas se retourner, elle se mit à courir, courir, courir encore et encore jusqu’à ce que, d’épuisement et après plusieurs dizaines de minutes de course, elle s’affale sur le sol. Son pied avait heurté un rocher dissimulé dans les mauvaises herbes. Elle était abattue et le choc que provoqua sa chute la fit sombrer dans un profond sommeil, proche du coma.

Quand elle se réveilla quelques heures plus tard, le jour s’était levé et éclairait la forêt d’un halo lumineux qu’on eut pu dire divin. Une faible lumière balayait les arbres et toucha la jeune fille qui ouvrit difficilement les yeux. Elle avait peu dormi mais profondément. D’un sommeil réparateur, comme aurait dit Maître Edris. Savait-il exactement ce qu’elle faisait ou les étoiles n’avaient-elles pas encore dévoilé son secret ? Elle ne tarderait pas à le savoir. Mais au fond d’elle, elle était persuadée qu’il le savait. Sa réaction l’effrayait.

Les premières interrogations passées, Kloe se leva, s’étira et bailla longue-ment puis regarda autour d’elle. Jamais, de ses souvenirs d’enfant, elle ne s’était aventurée aussi loin dans les profondeurs de la forêt. Poussant un soupir, elle vérifia que toutes ses affaires étaient en ordre. D’une main fébrile, elle farfouilla dans son sac. Etant donné qu’elle n’avait pas faim pour le moment, elle jugea inutile de gaspiller ses ressources. Nul ne savait où elle pourrait retrouver de quoi se nourrir. Aussi valait-il mieux préserver ses biens. Elle remit donc son sac à dos sur ses épaules et entreprit de repartir, quand le même bruit d’ailes résonna à ses oreilles. Etait-ce un mauvais tour de son esprit fatigué ? Lasse, elle ne prit pas la peine de tourner la tête. D’ailleurs, elle n’en eut pas besoin. Un oiseau était venu se poser devant elle. C’était un bel oiseau, majestueux comme ceux que lui envoyait Maître Edris quand il avait un message. Sans doute était-ce lui…Elle s’approcha donc prudemment du rapace. La buse, que Kloe avait reconnue grâce à sa silhouette massive, la clarté du plumage strié de sa poitrine formant un croissant, et le fait qu’elle soit dans une forêt, possédait des griffes acérées qu’elle utilisait pour déchiqueter ses proies. Aussi fit-elle très attention en contournant l’oiseau. Mais quelque chose étonnait la jeune fille. Cet oiseau paraissait extrêmement sauvage et en même temps très vieux. Il était pourtant rare qu’une buse vive très longtemps. De plus, Kloe ne trouva aucun message accroché à ses pattes ou autour de son ventre. Ce n’était pas Maître Edris… L’oiseau poussa un cri qui se répercuta en écho entre les arbres. Kloe en frissonna jusqu’à la moelle. Tâchant d’oublier le rapace, la jeune fille reprit sa marche. La bête s’envola et suivit l’Apprentie d’en haut sans que celle-ci ne s’en aperçoive. Elle captait encore sa présence mais n’arrivait pas à la voir. Elle alluma furtivement son téléphone et vérifia qu’elle n’avait reçu ni messages ni appels. Rien. Personne ne s’inquiétait donc encore. Tant mieux.

Quand sa montre bipa treize heures, l’estomac de Kloe commença à crier famine. Elle refusa cependant de s’arrêter tout de suite car elle pensait voir la fin de la forêt. Enfin. Aussi continua-t-elle de marcher, inlassablement. Elle avait perdu la trace de la buse. Ou plutôt, la buse avait-elle perdu sa trace.

Après encore une demi-heure de marche, Kloe sortit enfin de la forêt. Elle n’avait vu aucune trace de la dague ni de l’ancienne Apprentie et ne savait pas comment prendre ce signe. Alors qu’elle était plongée dans ses réflexions, elle sentit une vibration dans sa poche. Elle eut un temps de réaction avant de réaliser qu’il s’agissait de son portable. Elle décrocha. Edric.

« KLOE !!! Mais enfin où es-tu ??

- Dans une forêt…

- Que…QUOI ?? Qu’est-ce que tu fais dans une forêt Kloe ?? Tu sais très bien que p…Maître Edris m’a chargé de te surveiller. Considères-tu qu’il soit prudent de te balader ainsi sans me prévenir, enfin…

- Me surveiller ?? Pourquoi devrais-tu me surveiller ? Je sais me débrouiller. J’ai mon Grimoire avec moi, tout va bien, je sais ce que je fais…enfin je l’espère.

- Justement ! Que fais-tu donc dans cette forêt ? D’ailleurs quelle forêt est-ce ?

- Ecoute Edric, ce n’est pas contre toi mais…je ne peux pas t’en dire plus, c’est mon combat, je dois me débrouiller seule. N’ais-je pas le droit de voir ce que je vaux…

- Kloe…s’il te plait, fais attention ! Les étoiles ont prévenu Maître Edris qu’un danger planait sur toi mais il n’arrive pas à te localiser. Si tu ne nous dis pas où tu trouves et que tu as un problème, nous pouvons mettre des heures, voire des jours avant de te retrouver. Je ne veux pas te perdre…

- Je le sais…moi non plus je ne tiens pas à te perdre. Mais je ne peux pas…non je ne peux pas. Au revoir Edric…

- Kloe attend !!! »

Mais la jeune fille avait déjà raccroché, de petites larmes perlant aux coins de ses yeux. Elle rangea doucement son portable et se figea soudainement dans son geste, son portable cognant violemment le sol. Elle se trouvait là, devant elle. La buse. C’était la même. Il n’y avait aucun doute. Ignorant totalement son ventre qui gargouillait sérieusement, elle se remit à courir. Elle ne savait pas où elle allait mais il fallait qu’elle échappe à cet animal, à ce prédateur. Au plus vite.

Puis, abandonnant subitement la course et sans raisons apparentes, le rapace s’éloigna en sens inverse dans un grand cri, laissant Kloe en proie à une incompréhension totale. Elle se retourna et découvrit devant elle de petites maisons carrées, sans jardin, sans enfants qui couraient dans tous les sens. Le village semblait mort mais la jeune fille percevait tout de même une activité cardiaque proche. Il devait tout de même y avoir une population ici…Décidant qu’il était maintenant grand temps de satisfaire son estomac, Kloe alla se réfugier derrière un rocher couvert d’une mousse verte et fraiche, qui la cacherait le temps de son repas de fortune. Elle y déposa son sac et l’ouvrit.

Elle en sortit la miche de pain, le poulet froid et son Grimoire sur lequel elle poserait ce qui constituerait sa pitance. Elle arracha un bout de la miche de pain et mordit dedans telle une affamée. Savourant son met, elle ferma les yeux. Elle avala environ un quart de sa miche et détacha une cuisse dans le poulet froid. Elle en enleva la peau et planta ses dents dans la chair blanche de la volaille. Ce petit bout de viande serait son dessert. Quand elle fini de l’avaler, c'est-à-dire assez rapidement, elle chercha sa gourde dans son sac et en but une gorgée. L’eau était une denrée rare, il fallait la conserver plus précieusement encore que ses aliments. Après quoi, elle rangea le tout dans son sac en laissant uniquement devant elle son Grimoire. Elle l’ouvrit à la page de la dague. Elle avait pourtant déjà tout lu mais elle était maintenant loin de la sortie de la forêt et n’avait croisé aucune trace de l’objet ou de la jeune fille. Elle eut beau relire plusieurs fois la même page, elle ne lui apprit rien de plus que ce qu’elle savait déjà. Machinalement, elle tourna les pages jusqu’à tomber sur une iconographie d’un sorcier.

Il avait été transformé, des années auparavant, pour avoir tenté un coup d’état ici et avait été envoyé en exil dans une terre lointaine. Mais où était-ce ici d’ailleurs ?? Kloe n’avait aucune idée de l’endroit où elle se trouvait et le fait qu’un sorcier puissant, même transformé, puisse roder dans les parages ne lui plaisait pas. En fait, en quoi avait-il était métamorphosé… ? Elle relut les quelques lignes sur lui (« Latronis, signifiant bandit en latin, est un puissant mage banni de la communauté des sorciers pour avoir tenté un coup d’état. Ses pouvoirs sont, sans conteste, ceux des plus puissants que la communauté ai connu. Pour s’assurer qu’aucun crime ne lui soit plus attribué, Edris, vieux mage blanc réputé pour sa rigueur dont les pouvoirs sont puissants et sa connaissance plus encore, décida, au consentement de tous, de le métamorphoser. Cependant, sa magie n’étant pas équivalente à celle de Latronis, ce dernier possède encore la faculté de se matérialiser en n’importe quel animal. Il possède également une enveloppe corporelle. Seuls quelques sorts lui sont encore autorisés et il sert désormais de guide aux personnes en péril ou en perdition bien que la communauté le craigne encore à cause de sa ruse et de son air mutin. »). C’était tout ce qu’on disait sur lui. Ces quelques lignes représentaient plus une petite leçon d’Histoire qu’une véritable information. Mais qu’importe, elle n’avait pas le temps de rêvasser à ce sorcier, il lui fallait repartir, où ?, au plus vite pour retrouver l’objet de sa quête. Au moment où elle se levait, la buse réapparut, arrachant un cri à Kloe. Pourquoi cet animal s’obstinait-il à la poursuivre ?? Le rapace n’était qu’à une dizaine de mètres à peine de la jeune fille et lorsqu’elle aperçut une vive lumière blanche émanant de l’oiseau, la jeune Apprentie ne put s’empêcher de mettre ses mains en protection devant ses yeux pour éviter que la blancheur immaculée n’agresse ses pupilles. Quand la lumière se fut calmée, Kloe enleva doucement ses bras, redécouvrant ainsi la vue et le spectacle qui s’offrait à elle la tétanisa. La belle buse qui la pourchassait depuis le milieu de la forêt avait disparu, laissant place à un être à apparence humaine. Kloe recula de quelques pas devant l’imposante stature de l’homme brun et la percée de ses yeux d’un vert émeraude. La jeune fille voulait parler, balbutier quelque chose mais aucun son ne réussit à franchir ses lèvres. Aussi, elle ouvrit la bouche plusieurs fois. Pour rien. Ce fut donc lui qui l’accosta en premier. Il avait une voix forte, lointaine et grave.

« Que fais-tu là jeune fille ?

- Je pourrais vous retourner la question…je vous signale que c’est vous…enfin votre buse qui me suit depuis tout à l’heure, articula-t-elle, retrouvant son aplomb

- Non. Ce n’est pas ma buse qui te suit. C’est moi qui te suis. Je suis un sorcier. Comme toi apparemment. Ton aura m’est parvenue dès ton entrée dans la forêt mais j’ai pris du temps à te trouver. Ton sang d’humaine a troublé mes pistes. Le fait que tu me fuies n’a rien facilité non plus. Je m’appelle Latronis, sorcier de la communauté, puni par ce vieux machin d’Edris pour avoir tenté de me hisser au pouvoir d’une manière qui apparemment ne leur convenait pas.

- Quoi…vous…vous êtes…Latronis ?? interrogea la jeune fille, ayant perdu subitement tout son aplomb

- Bien sur que oui ! Je viens de te le dire ! Qu’attends-tu donc maintenant pour te présenter à ton tour ?? Ton Maître ne t’as donc t-il pas apprit la politesse ?

- Je suis Kloe Oleodas, jeune Apprentie de Maître Edris…

- QUOI ?? Tu es une élève de ce vieux schnock ??

- Maître Edris est un très bon Maître qui m’a tout appris !

- En même temps c’est son rôle…

- Que voulez-vous ?? Pourquoi me suivez-vous ? J’ai lu sur vous que vous aidiez et accompagniez les personnes en péril ou en perdition. Or je ne suis ni l’un ni l’autre !

- Tu te trompes. Tu es l’un et l’autre au contraire…

- Vous dites n’importe quoi ! Je ne sais pas ce que vous voulez de moi mais vous ne l’aurez pas c’est clair ?? »

Kloe s’éloigna du jeune homme aux cheveux mi-longs à grandes enjambées. Elle fulminait. Comment osait-il soulever l’hypothèse selon laquelle elle serait en péril et en perdition ?? Qu’en savait-il ?? Et de quel droit se permettait-il d’insulter Maître Edris de vieux schnock ? C’était un mage des plus respectables et jamais ce sorcier de pacotille ne lui arriverait à la cheville. Quel culot quand même…

Tandis que la jeune fille en colère avançait tout droit en jurant contre Latro-nis, ce dernier suivait doucement la jeune Apprentie. Il savait que tôt ou tard, elle reconnaitrait qu’il avait raison. Le mieux eusse été qu’elle le reconnaisse tout de suite mais il n’en espérait pas moins d’elle. Son coup de colère ne l’avait pas étonné. Cette demoiselle avait du caractère !

Même si ses pas étaient lents, il progressait presque aussi vite que Kloe puisque Latronis avait de grandes jambes aux mollets puissants. Ses amples vêtements dépareillés flottaient derrière lui et il sifflotait une douce mélodie qui contrastait presque avec sa carrure imposante. En quelques minutes seulement, il avait rejoint Kloe et marchait à ses côtés, étant obligé de faire de plus petits pas pour ne pas la distancer.

« Ca ne sert à rien de me fuir, tu as besoin de moi.

- Je n’ai besoin que de Maître Edris et d’Edric.

- Edric…je l’avais presque oublié lui. Il fera un bon sorcier ce jeune homme. Son père peut être fier de lui à défaut d’être fier de lui-même. Que penses-tu d’Edric ?

- Ce que je pense ne vous regarde pas espèce de…

- Ne commence pas à être vulgaire avec moi Kloe Oleodas ! Je suis là pour t’aider dans ta quête. Je sais que tu recherches la dague.

- Oui je cherche une dague…comment le savez-vous ?

- Non, jeune Apprentie, tu ne recherches pas une dague, mais la dague, nuance moindre certes mais qui a son importance. J’ai moi aussi été un Maître autrefois quand mes pouvoirs m’appartenaient encore totalement, j’ai donc les mêmes capacités qu’Edris à savoir ce que je dois savoir.

- Si vous ne vous étiez pas comporté comme un imbécile, vous les auriez encore vos pouvoirs !

- Tu me sembles bien insolente…que t’ais-je donc fais ? Je ne t’ais ni agressée, ni attaquée, ni insultée et toi tu me jettes des mots au visage comme si je n’étais qu’une vermine. Je suis ton ami Kloe Oleodas, et durant toute ta quête tu auras besoin de moi. Je suis un atout utile. Un animal est toujours utile contre des ennemis aussi puissants que ceux que tu t’apprêtes à vouloir combattre.

- Vous connaissez les possesseurs de la dague ?? Parlez m’en s’il vous plait ! Si vous savez où ils sont pourquoi ne l’avez-vous pas récupérée pour la remettre du côté de la bonne Science ? On m’a dit que cette dague avait des propriétés très particulières et dangereuses…

- Non, on ne t’as pas dit, tu as lu. C’est différent. Ne commence pas à me mentir. Ensuite si je ne l’ai pas récupérée c’est parce que je n’ai aucune idée de l’idée où elle est bien que je sache quelque peu qui pourrait l’avoir en sa possession. Tu admets enfin que je suis de ton côté jeune fille ?

- Si vous savez qui la possède, qu’est devenue la jeune Apprentie partie à sa recherche elle aussi ? demanda Kloe, décidant d’ignorer la dernière question de Latronis.

- Je ne sais pas. Tu es trop curieuse jeune fille. Ton Maître sait-il que tu es ici ?

- Non. Il pense simplement d’après les étoiles que je suis en danger…

- Et il a raison, je ne suis pas ici pour rien et les étoiles sont toujours sincères. Viens donc chez moi, nous allons le contacter.

- Le…non !! Il ne faut qu’il sache où je suis ! Encore moins avec vous ! Je vais me faire engueuler comme jamais.

- Tu es partie. Assume tes actes. Comment dois-je prendre la remarque me concernant ? »

Il la prit par le bras et l’emmena dans une des maisons du village. La porte grinça et le sol était tellement poussiéreux qu’on avait l’impression que le parquet était de la terre extérieure. Kloe eut une mine de dégoût irrépressible et marcha sur la pointe des pieds jusqu’à une chaise à peu près correcte. Elle s’y assit et regarda alentours. C’était une vieille baraque en bois dont la charpente était faite de troncs d’arbres et le toit en ardoise. Les murs de chaux étaient percés de quelques petites fenêtres, dont les carreaux ne semblaient pas avoir été lavés depuis longtemps. Aussi, ils laissaient pénétrer peu de lumière et Latronis fut obligé d’allumer un chandelier pour y voir clair. Une odeur de lourdeur s’était installée et il faisait une chaleur écrasante. Il flottait dans l’air des millions de petites particules que Kloe parvenait à distinguer non pas avec ses sens magiques mais avec ses yeux. Quel dépotoir. Elle s’imaginait mal vivre ici et eut vite fait de regretter l’odeur du poulet au vin blanc que préparait Pauline le soir en rentrant de la cour de justice. Ces moments là lui paraissaient tellement loin qu’elle en eut presque la larme à l’œil. Le sorcier arriva à ce moment là, la tirant de sa torpeur et de ses rêveries en posant tout un attirail apparemment très lourd sur la grosse table de bois brut. Kloe sursauta et remit quelques objets debout ; cherchant à les reconnaître. Elle vit un porte-encens, des bâtonnets d’encens, des bougies, une nappe blanche, une dague grossière et une photo. Latronis l’avait gribouillé au feutre noir mais on retrouvait tout de même la tête, les cheveux poivre et sel et le regard doux de Maître Edris».

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