Chapitre II : L'apparition

Kloe resta normale jusqu’à l’heure du déjeuner. Là elle voulut absolument tout reprendre en main. Quand elle arriva dans la file d’attente pour monter au réfectoire, son dédoublement de personnalité la poussa à évincer tout le monde, de sorte à passer la première. Ce geste étonna une fois de plus sa meilleure amie qui l’avait toujours connue protégeant les plus petits et détestant les gens irrespectueux surtout au réfectoire. Mais consciente de ne rien pouvoir faire, elle laissa s’accomplir les actes que fit la jeune fille. Elle passa l’heure du déjeuner dans cet état de contrôle. Kathleen avait de plus en plus de mal à la supporter. Elle se sentait mal à l'aise avec elle lorsqu'elle était ainsi. Kathleen avait beau chercher, elle ne trouvait aucune raison convenable à son comportement étrange. Qu’est-ce qui peut transformer une fille sage et prête à tout pour aider en une fille désireuse de pouvoir. Quiconque se mettait en travers de son chemin se recevait une réplique cinglante.. Quand la sonnerie d’une heure et demie retentit, Kloe eut un soubresaut. Intriguée par ce geste, Kathleen demanda si tout allait bien. Kloe ne répondit pas. Elle vacilla quelques secondes avant de s’écrouler sur le carrelage froid du lycée. Effrayée, Kathleen appela un surveillant. Ce dernier arriva en courant près du tas que formait le corps inerte de Kloe. Il la conduisit dans ses bras jusqu’à l’infirmerie. Là il la déposa sur le lit près duquel l’infirmière vint s’asseoir. Puis il s’en alla pour retrouver le bureau des surveillants. L’infirmière posa quelques questions à Kathleen.

« Kathleen, comment est-ce arrivé?

- Je ne sais pas trop. On sortait du réfectoire après avoir mangé quand elle s’est mise à vaciller puis elle est tombée.

- Est-ce que ça avait l’air d’aller à table?

- En fait depuis quelques temps elle a un comportement étrange. Par moment c’est la Kloe que je connais et puis après elle subit comme une transformation et elle a des désirs de tout contrôler. Elle n’est pas du tout comme ça d’ordinaire. Je ne sais pas trop ce qui lui arrive en ce moment.

- Bien, autre chose?

- Non, je ne crois pas.

- Elle ne se plaignait pas de maux de tête, de maux de ventre ou à la gorge? Tout allait bien chez elle?

- Oui je pense.

- Maître Edris . . . susurra Kloe

- Kloe? Que se passe-t-il? Tout va bien? demanda l’infirmière

- Edric, où est Maître Edris? questionna à elle-même Kloe

- Kloe, réveille-toi, ces deux personnes n’existent sans doute pas. Allez ouvre les yeux Kloe.

- Je veux voir Maître Edris, j’en ai besoin» marmonna l’adolescente endormie.

Après quoi elle se leva et marcha tel un automate en direction de la sortie du lycée. Kathleen et l’infirmière voulurent la retenir pour qu’elle ne sorte pas mais n’y parvinrent pas .La jeune fille avait acquit une force inhabituelle pour une personne aussi frêle que l'était Kloe. Les yeux toujours clos, elle se débattait comme une furie et quand elle se libéra des étreintes de la femme et de la jeune adolescente elle courut et courut encore jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus. Quand elle s’arrêta enfin, elle était très loin de son lycée. Elle était même hors de la ville. Puis épuisée, elle s’effondra de nouveau et s’endormit.

Lorsqu’elle se réveilla, elle se trouvait dans une plaine verte et fleurie. Mais elle ne se souvenait pas d’y être arrivée ni même d’être partie de chez elle le matin. Tout ce dont elle se souvenait de sa journée était un rêve.

Un rêve dans lequel il faisait sombre et froid. Elle était seule. Ou du moins presque seule. Il y avait des maisons en chaume et au loin elle voyait un homme vêtu d’une grande cape verte et d’un béret noir. Elle marchait dans sa direction mais l’homme ne bougeait pas. Alors elle se mettait à courir pour le rattraper plus vite mais plus elle courait, plus ce personnage s’éloignait. Alors elle s’arrêta et regarda de nouveau autour d’elle. Le décor avait changé. Elle n’était plus dans ce monde si froid et sombre mais dans un château, un immense château qu’elle connaissait par cœur. Tous les moindres passages secrets n’en étaient plus pour elle. Elle trottina joyeusement jusqu’au sommet d’une tour. Là elle s’arrêta devant une grande porte en bois blanc avec des bouts de fer aux angles. C’était étrange, elle avait déjà vu de tels bouts de fer quelque part mais elle ne se souvenait pas où. Après avoir un moment réfléchi au lieu où elle aurait pu en voir sans trouver, elle se décida à frapper à la porte. Une voix rauque et sonore s’éleva de derrière l’entrée. Cette voix lui demanda d’entrer. Chose qu’elle fit aimablement. Elle poussa donc la lourde porte boisée pour arriver dans une grande salle éclairée d’une lueur jaune. Au fin fond de la pièce il y avait un homme, le même que dans le monde sombre et froid, assis en face d’un gigantesque et fantastique bureau fait de pin. Elle marcha pour arriver au centre de la pièce et se retrouva entourée de flacons contenant des yeux, des mains, des orteils, des cheveux, des muscles, flottant dans des liquides multicolores tous plus repoussants les uns que les autres. Etrangement, elle n’était pas horrifiée mais subjuguée. .

« Bonjour Kloe, assis toi je te prie

- Bonjour Maître Edris »

Puis elle s’assit. Son rêve s’achevait ici.

Plus loin, beaucoup plus loin de là, au lycée, la sonnerie de 17h retentit. Ka-thleen était désespérée, elle n’avait pas vu Kloe de l’après-midi et après son comportement étrange ces derniers temps, elle ne savait plus quoi penser. Elle commençait à imaginer le pire. Joanne vint la rejoindre. Immédiatement, en voyant sa face déconfite, elle comprit que quelque chose n’allait pas. Aussitôt elle la questionna; Mais Kathleen ne savait que lui répondre. Elle tenta de lui expliquer ce qui s’était passé en quelques mots et quelques phrases simples. Joanne n’y comprenait rien non plus mais, ne supportant pas de voir son amie dans un tel désarroi, elle se proposa de la raccompagner chez elle. Kathleen accepta, complètement défaite. .

Un quart d’heure après être rentrée chez elle, Kathleen reçut un coup de té-léphone. Elle décrocha. C’était la mère de Kloe qui s’inquiétait de voir que sa fille n'était toujours pas rentrée alors qu’il était déjà 17 h 30. L’adolescente lui répondit que Kloe n'était pas chez elle mais elle ne put s’empêcher de lui dire que son comportement durant la journée avait été bizarre. Elle lui relata les faits de la cantine et sa fuite. Puis elle lui dit que depuis sa fuite, Kloe n'était pas venue en cours de l’après-midi. La mère à Kloe appris aussi à Kathleen que, même à la maison, le comportement de la jeune fille laissait à désirer. Durant son sommeil, de nombreuses fois la lycéenne prononçait un prénom. Le même que celui qu’elle avait articulé à l’infirmerie: Edris.

Après avoir terminé de discuter avec la mère de Kloe, la sonnerie de la porte d’entrée résonna. Les jambes flageolantes et les mains prises de tremblements, Kathleen courut dans les escaliers. Puis elle hésita. Qui cela pouvait bien être ? Elle était seule chez elle, ses parents rentraient à 18 h, et d’ordinaire elle ne recevait pas de visite. La sonnerie se fit de plus en plus insistante. Tant pis, elle ouvrit. Elle fut soulagée de voir que son mystérieux visiteur n’était autre que . . . Kloe.

« Rentre vite Kloe

- Merci

- Raconte-moi ce qui s’est passé à l’infirmerie. Tu as l’air fatiguée. Pourquoi n’es-tu pas rentrée directement chez toi ? Qui est ce mystérieux ''Maître Edris'' que tu voulais absolument voir ?

- Doucement s’il te plait, une seule question à la fois.

- Oui, désolée.

- Ce midi à l’infirmerie j’ai fais un rêve, un rêve étrange.

Elle lui relata rapidement son rêve.

- Je ne suis pas rentrée directement chez moi pour plusieurs raisons. La première c’est que chez moi c’est bien plus loin que chez toi d’où j’étais et je suis vraiment fatiguée. Comprends-moi bien, en rêvant, j’avais l’impression d’être dans mon rêve, de faire ce que faisait mon personnage, de courir quand il courait, de parler lorsqu’il parlait. Et puis je n’ai pas arrêté de courir, autant pour m’échapper de votre étreinte à l’infirmerie pour aller jusqu’où j’étais ? que pour revenir ici chez toi.

- D’accord, d’accord, j’ai bien compris ensuite, peux-tu me dire qui est ce Maître Edris ? C’est un nom que tu as prononcé durant ton sommeil, tu voulais absolument le voir, je crois que c‘est lui que tu es allée voir.

- Oui, Maître Edris est, ou du moins je pense que c’est, oh et puis oublie, si je te le dis tu ne me croirais pas.

- Si, vas-y dis le moi.

- Je crois bien qu’Edris est un maître sorcier.

- Mais la magie n’existe pas voyons! tu le sais aussi bien que moi. C’est comme ce livre que nous avons trouvé! Ce n’est qu’un pauvre bouquin pour les gamins! tu es fatiguée, vraiment fatiguée et c’est pour ça que tu dis ça. Tu vas voir, quand maman rentrera elle te ramènera chez toi et …

- Non! Je ne veux pas rentrer chez moi

- Mais pourquoi?

- Ma mère va encore m’étriper quand elle va savoir que je ne suis pas allée en cours cet après-midi. Elle va me demander plein de choses, je ne veux pas rentrer chez moi, du moins pas tout de suite.

- Bon d’accord, je vais demander à maman si tu peux rester ici pour la nuit. Demain tu rentreras chez toi. Ça te convient?

- Oui…

- Bon en attendant, tu ferais mieux d’aller te reposer un peu sur mon lit. Je vais te faire une tisane pour t’aider à dormir.

- Si tu veux.»

Derechef et trainant des pieds, Kloe monta se coucher dans la chambre de son amie, tandis que Kathleen s’en alla en direction de la cuisine. Là, elle prit une tasse et y versa de l’eau bouillante dans laquelle elle mit quelques feuilles de camomille. Puis elle laissa infuser quelques instants et y amena à son amie. Celle-ci l’accueillit bizarrement. Elle jetait des regards de méfiance sur la tasse. Quand Kathleen s’approcha pour la lui donner, Kloe repoussa violement son amie et, après avoir rebondi, la tasse se brisa par terre. Puis elle sombra dans un sommeil profond. Kathleen se releva tant bien que mal et alla chercher un balai en maugréant. Les crises de démence de son amie avaient repris et lui avait fait perdre une tasse. Elle remonta avec son balai dans sa chambre et ce qu’elle y vit la laissa bouche bée. Un homme vêtu d’une grande cape verte et d’un béret noir était là, assis près de Kloe. Seulement Kloe, elle, n’était plus dans le lit mais à quelques dizaines de centimètres en dessus.

Elle susurrait deux mots frénétiquement. Maître Edris.

Kathleen ne bougeait plus, elle était comme pétrifiée.

L’homme commença à parler.

« Chère Kathleen, n’ai pas peur pour ton amie . . .

- Comment connaissez-vous mon prénom?

- Mais je sais tout ce que j’ai à savoir. Kloe ne craint rien.

- Qui êtes-vous? C’est vous Edris?

- Oui, je suis Maître Edris.

- Maître? Maître de quoi?

- Maître. J'enseigne et je prends sous mon aile tous les jeunes sorciers et enchanteurs...du moins le plus possible. Je ne suis pas le seul Maître sorcier mais l'un des derniers. C’est tout ce que tu as à savoir.

- Ah non! Ca ne va pas recommencer ces histoires de magie! je n’y crois pas! La magie n’est que pure imagination. Ce ne sont que des dessins faits pour les plus jeunes.

- Non Kathleen! Justement, la magie est présente tout autour de toi. Elle est présente en tout être, en toute chose, qu’elle soit bonne ou mauvaise, le monde ne pourrait pas vivre sans magie!

- Ouais, pour moi ce ne sont que de balivernes! Que voulez-vous lui apprendre à Kloe? Un tour de passe-passe pour s’envoler dans un nuage de poussière?

- Mais non ma jeune fille. Vois-tu, ta vision de la magie s’arrête comme tu le disais tout à l’heure, à des mystificateurs, ou à des images pour enfants. Tu gardes de la magie un tableau enfantin parce que tu as encore une âme puérile. Pour toi, la magie c’est une sorcière au nez crochu qui veut voler le beau prince charmant d’une jolie princesse en usant de sortilèges peu évolués. Mais ça, ce n’est pas la magie, c’est un conte!

- Et pour vous, c’est quoi la magie? Ironisa Kathleen

- La Wicca, ça te dit quelque chose?

- Wicca? Jamais entendu parler. C’est quoi encore ?

- La Wicca c’est la base même de la magie. Tu demanderas à Kloe de t’expliquer, aujourd’hui je n’ai pas le temps. Je ne sens pas d’aura particulière chez toi... Tu n’es pas destinée à la magie, ton âme est trop corrompue. Ton amie, elle, oui. Mais je suis pressé, je dois y aller. Puis-je te confier une mission?

- Je n’ai pas fini de vous questionner sur votre identité et votre boulot avec Kloe.

- Comme je te l’ai déjà dit, tu n’as pas besoin d’en savoir plus. Il faut absolument que j’y aille, tu donneras ça à Kloe quand elle se réveillera, donne-le-lui impérativement tu m’a bien compris?

- Oui mais . . .»

Kathleen n’eut pas le temps de finir de poser ses questions que déjà Maître Edris s’en alla. Elle n’avait pas tout compris. Il était parti tellement vite. Et puis il y avait ce papier qu’il lui avait donné. Qu’était-ce? Elle le prit et le regarda attentivement. On aurait dit une carte. Avec un message. Elle le lut mais n’en comprit pas un traître mot. C’était bizarre, lorsqu’elle enroula la carte parcheminée et le message, un petit sachet de cuir, fermé par un cordon, tomba du papier. Elle le ramassa quand soudain Kloe dit:

« Laisse ça, veux-tu.

- Il y avait un vieux monsieur, je crois que c’est celui que t’appelle Edris, qui est venu te voir et qui m’a donné ça

- Ne parle de Maître Edris qu’avec respect. C’est un grand sorcier. Qu’est-ce que Maître Edris t’a donné?

- Mais Kloe, tu n’as jamais cru en la magie! Tu as toujours trouvé ça idiot et débile, pour les gamins! Rappelles-toi! Mais enfin, que t’a-t-il fait ?

- Non, j’ai toujours cru en la magie, dans mon for intérieur. La Wicca a toujours été présente en moi.

- Encore cette histoire de Wicca…

- Tu connais la Wicca?

- Non.

- Qu’est-ce que Maître Edris t’a donné?

- Un vieux bout de parchemin avec un message griffonné dessus à l’encre verte et une carte. Et ça aussi, cette bourse que tu n’as pas voulu que je ramasse.

- A l’encre verte dis-tu?

- Oui pourquoi?

- Donne-moi ces parchemins et cette bourse s’il te plait.

- Tiens »

Kloe ouvrit la bourse et y découvrit trois morceaux de bougie couleur argent, violet et noir ainsi que des bâtons d’encens que Kloe reconnut comme étant de l’encens du Liban, de Bethléem et d’Oliban.

Kloe expliqua à son amie que les couleurs des bougies, les parfums de l’encens et l’écriture du parchemin n’étaient pas choisis au hasard. En effet, l’encre verte, dite «de Fortune» est en parfait accord avec la Lune, elle attire l’argent et apporte calme et sérénité à celui qui s’en sert, la bougie argent neutralise les influences néfastes, encourage les dons diplomatiques, attire favorablement le regard des dieux et renforce l’intuition, celle violette augmente le potentiel physique et les dons, manifeste l’inconscient, facilite la méditation et la maîtrise spirituelle tandis que la noire bannit les influences négatives et les esprits malins, exorcistes, immobilise les ennemis et facilite les changements et autres renouveaux. L’encens non plus n’est, selon Kloe, pas le fruit du hasard, car si elle ne se trompait pas, l’encens du Liban protège du mauvais œil et des jaloux en renvoyant les ondes négatives, celui de Bethléem restaure l’entente entre les hommes et les femmes et élimine les disputes tandis que celui d’Oliban est pour les rêves prémonitoires.

« Bon ! Tout cela est bien joli mais à quoi ce petit matériel va-t-il te ser-vir? Tu n’as pas besoin de pratiquer la magie! Tu es heureuse comme tu es, avec tes amis et ta famille !! Kloe ! Ressaisis-toi !

- Ce petit parchemin m’explique que le 21 juin, reprit Kloe comme si son amie n'avait rien dit, c’est demain, il faut que je me rende sous le porche du Grand Parc à 00 h 02.Un homme viendra me voir pour me faire découvrir ma nature magique. Il me faudra prendre pour seuls objets, la petite bourse avec les bougies et les encens, un petit sac à dos et… le grimoire.

- Un Grimoire ?! D’où il sort celui-là encore ? De quel grimoire parle-t-il?

- J’ai bien peur que ce soit celui que nous ayons trouvé l’autre jour en rentrant du lycée. Depuis que je l’ai, il m’arrive des choses bizarres. Demain minuit zéro deux je serais sous le Porche du Grand Parc.

- Non tu n’y seras pas ! Et puis, comment vas-tu sortir de chez toi?

- Par la fenêtre. Ou par magie, s’extasia-t-elle

- Ca suffit ! s’insurgea Kathleen. Tu n’as aucune notion de magie ! s’emporta-t-elle. Et puis je m’obstine à dire que ça n’existe pas.

- Si tu veux. Bon je vais rentrer chez moi.

- Tu n’as plus peur de la réaction de ta mère?

- Non. »

Après quoi Kloe prit ses affaires et descendit lentement les marches de l’escalier. Elle ouvrit la porte et sortit, toujours aussi lentement. Puis elle se mit à trottiner et finit sa route comme ça. Dans un état second. Kathleen referma la porte et monta dans sa chambre, dépitée. Elle avait plein de choses à dire à son journal intime. Elle commença à lui raconter des choses insignifiantes, pour finir sur Kloe. Elle commençait à être effrayée par l’ampleur que cela avait pris. Qu’est ce que Kloe allait devenir? Elle était persuadée que la magie existait. Et si c’était vrai. Kathleen commençait à se demander sérieusement ce qui se passerait si sa meilleure amie devenait effectivement une magicienne. Ou plutôt une sorcière. Cet homme, Edris, était-il un vrai maître sorcier ? Connaissait-il de vrais tours de magie? L’adolescente ne savait plus quoi penser. Comment croire en la magie? Elle qui n’a jamais cru à rien! Mais toute cette histoire avait l’air tellement réel…

Kathleen fut contrainte de couper court à ses pensées par l’arrivée de sa mère et de son grand frère, Sylvain. Isabelle, sa mère, lui demanda aussitôt de mettre la table car son frère allait faire ses devoirs et elle devait préparer le dîner.

Kloe arriva chez elle de son pas trottinant. Lorsqu’elle poussa sa porte d’entrée, souriante et joyeuse d’avoir vu son Maître et d’avoir des fournitures de magie elle se heurta aux regards froids, inquiétants de ses parents. Pauline courut étreindre sa fille. Elle avait tellement peur qu’il lui soit arrivé quelque chose. Mickaël, son père, en revanche ne fit pas un pas vers elle. Il gardait ce regard méchant et interrogateur. Cependant, lorsqu’elle était entrée, Kloe avait perçu une note de soulagement dans ces yeux enflammés de rage. Mais cette touche avait disparu, laissant place à une vision beaucoup moins amicale que celle de sa maman.

« Où étais-tu Kloe? questionna son père

- J’étais… chez une amie. Répondit-elle

- Tu ne pourrais prévenir qu’on sache où tu es? Pourquoi crois-tu que nous t’avons acheté un portable? Certainement pas pour faire joli!!

- Je suis désolée… bredouilla Kloe

- DESOLEE!! LE FAIT QUE TU SOIS DESOLEE, JE M’EN CONTREFICHE!! TA MERE ET MOI NOUS NOUS SOMMES FAIT UN SANG D’ENCRE ! hurla Mickaël

- Enfin chéri, ne t’énerves pas comme ça. Maintenant elle est là, on peut passer à table, tout va bien.

- Non! tout ne va pas bien justement!

 

Son père s’était calmé un peu mais son visage restait extrêmement violacé.

- Cette jeune fille n’a que 16 ans!

- Non chéri, elle a déjà 16 ans! c’est différent. C’est normal à son âge. Elle a besoin de prendre ses distances avec ses parents. Tous les ados le font !!

- Normal? Crois-tu vraiment normal Pauline qu’une adolescente de 16 ans, possédant un portable, rentre, sans prévenir ses parents d’où elle est, à 19 h, alors que personne ne sait où elle a passé l’après-midi ? Nous nous sommes rongés les sangs pour elle !!

- Mais, rappelle-toi comment tu étais à son âge!

- Ce n’était pas pareil. Cette jeune fille sera privée de sortie pendant deux semaines.

- NON! Papa tu ne peux pas me faire ça! Pas à moi!

- Si, et j’ai bien l’intention de veiller à ce que ta mère ne fasse pas d’écarts à la punition.

- Ne t’en fais pas Mickaël. »

Le ton de sa mère ne laissa place à aucune contestation possible.

« Maintenant monte dans ta chambre et n’en sors plus jusqu’à ce que le dîner soit prêt. Nous irons te chercher »

Résignée, Kloe gravit les marches et alla dans sa chambre. La joie qu’elle avait éprouvée en entrant chez elle s’était vite dissipée à la vue de la punition. Elle savait qu’elle devait quand même sortir demain soir mais si son père s’apercevait qu’elle avait décampé, ce n’était pas deux semaines de sortie qui lui seraient retirées mais un mois et sans portable ni copines hormis au lycée ! Oui, mais il fallait qu’elle sorte. Elle devait le voir. Tant pis pour la punition, elle ne se fera pas prendre…du moins l’espérait-elle!

Condamnée à être dans sa chambre pendant encore quelques minutes, elle décida de prendre le grimoire. Elle l’ouvrit et de nouveau, cette sensation de froid l’envahit. Elle devrait s'y habituer. Elle feuilleta vaguement le livre à la recherche de quelque sujet intéressant quand elle tomba sur une page qui indiquait les différentes fêtes et les cycles de la lune importants. Intéressée, elle lut la page.

21 juin, Solstice d’été, Litha ou Fête de la Saint Jean

C’est le jour où le soleil est le plus proche de la Terre. Lors de cette nuit mystique qui est également la plus courte de l’année, les Wiccans dansent autour d’un grand feu de joie pour consacrer la victoire de la lumière sur les ténèbres. Ils vont même jusqu’à confectionner un chariot enflammé pour le précipiter dans les eaux noires d’un lac. Ils aspirent ainsi à conjurer les mauvais sorts.

Pourquoi Edris avait-il choisi cette nuit là pour qu’elle vienne ? Qu’avait-il l’intention de lui faire? Mais, pourquoi la peur commençait-elle à l’envahir? Il ne fallait pas qu’elle ait peur ! Maître Edris ne lui ferait pas de mal. Elle tourna de nouveau les pages du grimoire à la recherche de sortilèges. Elle avait hâte d’être au lendemain soir. Dans le même temps, elle entendit des pas dans l’escalier et elle se dépêcha de ranger le livre. Peu après qu’elle se soit assise de nouveau et ai pris un ouvrage totalement insignifiant - qu’elle tint à l’envers dans sa hâte - son père, la mine toujours sévère, entra dans sa chambre et lui dit que le repas était prêt. Elle le suivit dans l’escalier. Puis s’assit. Sa mère arriva avec un plat fumant. C’était du poulet rôti.

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Commentaires (1)

1. mikhOL 01/08/2010

Toujours assez mysthique, tout ça, j'aime bien ! :D J'aime particulièrement le passage où Kloe décrit les vertues des bougies, encres de parchemins et encens... ^^

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