On m'avait dit que les yeux sont le miroir de l'âme

Alors elle ferme les yeux. Ces yeux qui la brûlent, ces yeux rougis, bouffis. Alors elle ferme les yeux pour ne plus sentir ces larmes. Ces larmes qui s'accumulent. Ces larmes de douleur, d'amour, de peur, de joie. Alors elle ferme les yeux pour ne plus être étouffée. Etouffée par ce trop plein de sentiments, qui l'opresse, qui l'écrase, qui la ronge.

Alors elle ferme les yeux.

Et quand elle ferme les yeux, elle voit son visage. Son visage si rassurant, apaisant. Quand elle ferme les yeux, elle sent son parfum, elle sent ses mains sur ses hanches. Quand elle ferme les yeux, elle voit son regard remplit d'amour qui la couve, la protège. Elle se colle contre lui pour ne laisser échapper aucun moment passé avec lui. Pour que son empreinte reste sur elle pour des jours encore. Des semaines. Elle sent son souffle dans sa nuque, elle sent ses cheveux en bataille qui lui chatouillent le lobe. Et puis, elle entend sa voix. Un peu rauque, un peu brusque. Elle entend sa voix lui murmurer qu'il l'aime, qu'il la veut pour lui. Qu'il la veut pour toujours. Alors elle sourit. Elle sourit en fixant à jamais ce moment.

Alors elle ferme les yeux pour laisser couler les larmes. Elle ferme les yeux pour se souvenir, pour revivre. Elle ferme les yeux pour pouvoir sourire. Sourire en se disant qu'il est avec elle, qu'elle est avec lui. Qu'il l'aime. Qu'ils s'aiment.

Alors elle se dit qu'elle est heureuse.

Heureuse de sentir son souvenir contre elle, heureuse de se sentir aimée. Heureuse de pouvoir fermer les yeux encore et encore. Pour toujours. Pour toujours heureuse. Heureuse de voir son sourire, heureuse de voir ses yeux briller. Ses yeux à lui, plongés dans les siens. Elle est heureuse. Heureuse de retrouver ses bras dès qu'elle ferme les yeux. Heureuse de retrouver ses délicates lèvres, sa douce peau, ses magnifiques yeux. Alors elle ferme les yeux toujours plus fort. Pour mieux sentir le goût de ses baisers, la chaleur de son corps, la puissance de ses regards. Et tandis qu'elle ferme les yeux du plus fort qu'elle peut, elle sent que les larmes tombent de son menton, qu'elles glissent le long de son visage, qu'elles lui échappent. Tout lui échappe.

Elle tend la main vers cet idéal, cet iréel qu'elle voudrait avec elle. Elle tend la main et élance son corps. Pour retenir ses larmes. Pour le retenir.

Alors elle ferme les yeux. Ces yeux qui la brûlent, ces yeux rougis, bouffis. Alors elle ferme les yeux pour ne plus avoir peur. Peur de le perdre, peur de se perdre. Alors elle ferme les yeux pour continuer à être heureuse.

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